Lundi 7 juillet 2008
Démarrons en force avec un sujet qui ne manquera pas d'intéresser tout le monde (ou du moins, seulement les personnes qui ont de l'intérêt pour les sujets dignes d'attirer ce dernier) : l'optimisme. C'est une façon de voir la vie très intéressante, et c'est souvent devenu un mode de vie, une doctrine, une façon de toujours être dans la meilleure condition possible. Enfin, tout du moins, c'est la description qu'en font les personnes optimistes.

Néanmoins, la plupart des personnes (des personnes saines d'esprit en tout cas) n'ont pas automatiquement cette façon de voir les choses, et cela leur vaut d'être taxées immédiatement de "pessimistes", même si leur façon de voir ne l'est objectivement pas. Prenons un exemple concret, issu d'une expérience personnelle, par exemple. Tous les articles en seront truffés, donc si les exemples venant de la petite vie de mademoiselle M.E.L. vous saoulent déjà, passez votre chemin, vous consommerez moins de bande passante. Bref, un exemple donc !

Un "ami" (mis entre guillemets, car rien n'est jamais sûr) fait une rencontre sympathique dans une soirée. Une demoiselle plutôt agréable au regard dans l'ensemble, visiblement avec de l'esprit, mais quelqu'un avec une empathie minimale aura immédiatement décelé quelque chose de particulièrement étrange voire décalé dans son comportement. Le prévenant donc sur le champ de cette bizarrerie, ce dernier, guidé par ses roubignolles, décide d'ignorer l'avertissement. Soit, laissons aller. Néanmoins, alors que leur relation s'enlise et s'éternise, et que ledit ami accumule des signes de dégénérescence cérébrale due à un engouement masculin typique, un autre avertissement lui est donné, comme quoi la relation avait des chances de ne pas mener bien loin. ET LA, C'EST LE DRAME ! La réponse fuse, prévisible : "Tu es vraiment pessimiste". Notez que le résultat final fut celui prévu : une catastrophe mais ce n'est pas le sujet.


Le sujet, donc, est : "Quand quelqu'un émet un avis qui n'est pas obligatoirement naïf, il est automatiquement taxé de pessimisme aigu et inguérissable". Si on signale à quelqu'un que réviser insuffisamment risque fort de le mener à une note douteuse, on est pessimiste. Si on signale à quelqu'un qu'une fille agissant comme une schizophrène (ce qu'elle se révèlera être, haha !) risque de ne pas le mener bien loin, on est pessimiste. Si on annonce qu'on ne va pas aller draguer ce beau mec là-bas parce qu'il a peu de chances de s'intéresser à une fille aigrie et chiante, on est pessimiste. C'est extensible à l'infini, à ce tarif, pourquoi ne pas dire que croire que de la vitamine C ne soignera pas le SIDA c'est du pessimisme, hm ? Mais passons, la caricature n'a pas valeur d'argument.

En réalité, ce qui gêne n'est pas le fait que le sus-nommé pessimiste annonce une vérité souvent probable, ce qui gêne est que cette vérité ramène le rêveur dans le monde réel. Le rêveur, qui pense que sa vie future sera avec cette belle fille qu'il a rencontrée ici en soirée, qu'il va ouvrir sa propre clinique, devenir riche, et beau, et qu'il aura une villa avec des pétales de rose partout, est dérangé par la vérité objective du monde réel. Un monde où moins on a d'argent, moins on a d'argent (hé oui, c'est ça la vie, moins vous avez d'argent plus vous avez d'huissiers et donc moins vous avez d'argent, pas la peine d'argumenter, c'est prouvable par mille moyens différents), où les jolies filles ou les beaux mecs sont soit pris, soit ont un ramage qui ne se rapporte pas à leur plumage, où ce sont les voisins qui gagnent au loto, et où Bill Gates est plus une légende qu'une réalité.

C'est bien pessimiste, tout ça, direz-vous ! Ma foi... Combien d'entre-vous a-t-il gagné au loto, au juste ? Ceci me rappelle un autre exemple, qui sera fait de citations. La discussion a eu lieu avec une personne dont on ne citera pas le pseudonyme ou le nom. Celle-ci prétendait avoir toutes ses chances de remporter la Super Cagnotte du Vendredi 13 Juin dernier. Je lui ai néanmoins signalé qu'ayant une chance sur (paraît-il) 13.983.816 et ce sans compter le sinistrement célèbre numéro complémentaire, elle ne gagnerait pour ainsi dire jamais (à moins de jouer treize millions etc. de fois). Me traitant de pessimiste, elle me dit qu'elle avait "toutes ses chances" de gagner. Déjà, "toutes ses chances" est un concept intéressant, car n'importe quelle personne censée trouvera que 1/13983816 ce n'est pas vraiment une probabilité importante, et que c'est loin du concept de "toutes ses chances". Mais voilà, croire que 1/13983816 c'est ridicule, c'est être pessimiste.

Revenons donc à cette histoire de "rêve". Les optimistes sont les rêveurs, ceux qui s'imaginent, donc, que tout a "toutes ses chances" de bien se passer même quand c'est objectivement faux. Il est psychologiquement établi qu'une personne vivant dans ses rêves est (souvent) irresponsable, et risque de s'enfoncer de plus en plus dans cette dépendance d'un rêve qui ne lui apporte rien d'autre que de l'espoir. Ceci amène plusieurs observations. D'abord, il y a de plus en plus d'irresponsables et de moins en moins de personnes réalistes. Ensuite, il y a tellement peu d'espoir dans le monde réel que de plus en plus de gens se réfugient avec désespoir dans des rêves d'optimisme et de lendemains meilleurs. Le baril de pétrole a doublé en 1 an, la pollution ne fait que de grimper, le pouvoir d'achat se réduit malgré les "calculs savants" (sic) de la plupart des institutions, le travail devient un luxe, les plus jeunes trouvent de plus en plus difficilement un emploi à moins de faire une école (qui est souvent chère), bref, rien ne laisse présager que l'avenir sera meilleur. Et du coup, les gens se planquent dans l'optimisme.

La question centrale est donc : "que va devenir le monde, si un tiers de la population se masturbe dans des rêves irréalistes au lieu de bouger" ? Car si le soi-disant pessimiste sait que le monde est pourri, il sait ce qu'il faut faire pour y pallier autant que possible, dans la mesure de ses moyens. L'optimiste en revanche, sachant pertinemment (du moins, pensant) que tout va bien aller, se laisse flotter en attendant que les "belles choses tombent", et continuera d'attendre même si ça n'arrive jamais. Sinistre présage, n'est-ce-pas ? De quoi devenir véritablement pessimiste, dirait-on.

Pour conclure (enfin) cet article, une seule chose : cessez l'onanisme intellectuel, la vie n'est pas belle, il ne tient qu'à vous de vous remuer pour que ça soit supportable. Rêver d'une vie meilleure n'amènera qu'à continuer de rêver sans fin. Bientôt un autre article méchant, et sur ce, une petite vidéo stupide sans aucun rapport. Si vous l'avez déjà vue, rien à faire. Pas mon problème non plus, hein.

Par Mel la Cynique - Publié dans : Généralités et philosophie de comptoir
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